Partager l'article ! Distance focale, distance critique: Une des mes nombreuses passion : la photographie. J’aime l’éphémère, tout ce ...
Une des mes nombreuses passion : la photographie.
J’aime l’éphémère, tout ce qui est vaporeux, changeant et qui ne reste jamais fixé sur un objectif ou sur un principe.
Par exemple, j’adore la buée, j’aime la voir apparaître et la voir peu à peu s’effacer pour laisser la place à la clarté.
J’aime le déclic que produit mon vieux Nikon argentique, j’aime les odeurs et l’ambiance surréelle d’une chambre noire, mais surtout j’aime le moment de vérité, le moment où la photo se fige.
Pour moi la photo c’est ça : un concentré d’émotions volatiles captées et figées pour les rendre immortelles. J’aime pouvoir revivre ou ressentir un moment précis ou une émotion précise à tout instant, et la photo m’aide beaucoup pour ça. C’est comme un catalyseur, une espèce de scribe bienveillant qui stocke pour moi le surplus de sentiments et d’images.
Vous l’aurez compris je touche a la photo, je ne suis pas un grand photographe, je ne suis bon d’ailleurs. Mais mon but n’est pas vraiment d’être bon, mon but c’est d’arriver à voir, non pas
d’avoir l’œil absolu de celui pour qui chaque détail compte, mais d’avoir un œil réceptif. Un œil capable de me montrer un monde qui ne serait pas qu’en couleur mais en teintes de sentiments.
C’est ma vision de la photographie, une vision influencée par mon père, qui était un très bon photographe amateur et qui, je pense, aurait pu devenir célèbre s’il avait continué. J’ai été élevé
dans une chambre noire, à respirer les émotions naissantes. Je sais que pour beaucoup une photo c’est rien c’est figé, c’est beau, enfin c’est beau graphiquement, or avec cette vision de cet art,
on passe à coté des portraits et des atmosphères.
La photo c’est ce qui me fait écrire, c’est ce qui participe à ma stabilité.
C’est mon révélateur et mon fixateur de ma vie.
Je photographie pour ressentir,
Et non par plaisir.
C’est ce qui fige mes sentiments,
Et ne me rend plus transparent.
Je vois l’émoi,
Je vois le désarroi,
De ceux qui dans le froid,
Regardent dans le vide la vie,
Passante, élégante, sur le devant terni,
D’un siècle qui s’autodétruit.
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